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Assurance chômage : "Environ deux tiers des contributions des cadres vont à la solidarité du régime" (F. Hommeril)

Diminuer les allocations de ceux "qui contribuent le plus à la solidarité est inacceptable", dénonce François Hommeril, mercredi 27 février 2019, sur France Inter. Le président de la CFE-CGC réagit aux déclarations, la veille, du gouvernement sur l’assurance chômage. L’exécutif envisage, en effet, de diminuer le niveau d’indemnisation des plus hauts revenus. "Environ deux tiers des contributions des cadres vont à la solidarité du régime, ce qui permet de verser des allocations pour les autres publics, plus éloignés de l’emploi", explique François Hommeril. 

"42 % des ressources du régime [d’assurance chômage] sont assurées par des cotisations sur les salaires des cadres et seulement 15 % vont au même public", affirme François Hommeril, mercredi 27 février 2019, dans le "5-7" de France Inter. Le président de la CFE-CGC est vent debout contre la piste, avancée par le gouvernement, de diminuer l’indemnisation chômage des plus hauts revenus.

"CE N’EST PAS ACCEPTABLE"

"Ce n’est pas acceptable car l’assurance chômage est, comme son nom l’indique, un système assurantiel. Les gens qui y contribuent participent à due proportion de leur salaire pour s’assurer du risque de se retrouver au chômage." Selon lui, il s’agit d’un "mauvais signal" envoyé aux Français : "Parce qu’on a fait des études, qu’on s’est investi dans son travail, il faudrait toujours cotiser plus et toujours recevoir moins."

Après l’échec de la négociation sur l’assurance chômage, Matignon et le ministère du Travail ont annoncé une concertation en deux temps : d’abord sur le diagnostic, puis sur les évolutions du régime. Parmi les points qui doivent être discutés, le niveau d’indemnisation des plus hauts revenus. Le gouvernement juge, en effet, que celui-ci est trop élevé, notamment en comparaison avec les autres pays, et qu’il n’incite pas au retour à l’emploi. 

ÂGE ET NIVEAU DE RESPONSABILITÉ

Une analyse que réfute François Hommeril. "Les cadres, selon le gouvernement, trouveraient un intérêt à rester au chômage, comme s’ils étaient en vacances. La vérité est toute autre. L’immense majorité des cadres au chômage consacrent 10 heures par jour, 7 jours sur 7 à faire des CV", explique-t-il. Le président de la CFE-CGC souligne, en outre, les différences entre les cadres, "selon l’âge, l’expérience ou le niveau de responsabilité…". Selon lui, pour un cadre de 50 ans, victime d’un plan social, qui est "cadre dans la communication ou responsable commercial, c’est très long de retrouver un travail du même niveau". 

En France, le taux de chômage des cadres se situe à moins de 4 %, ce que l’exécutif qualifie de plein-emploi. "Une statistique ne décrit pas les réalités individuelles. Un cadre qui se retrouve au chômage à 50 ans est au chômage à 100 %. Je me bats pour que cette personne, qui a travaillé toute sa carrière, ne soit pas obligée de vendre sa maison pour payer les études de ses enfants", ajoute François Hommeril. 

Parmi les pistes, le gouvernement envisage d’abaisser le plafond maximal, actuellement fixé à 7 550 euros par mois. "Le montant maximal est ciblé mais on oublie de dire quelle est la contribution des personnes au régime", poursuit-il. Ce montant ne concerne qu’un nombre limité de chômeurs. "Pour un cadre au chômage, la moyenne de l’allocation est de l’ordre de 2 500 euros. Je défends un principe assurantiel car si on s’y attaque, on s’attaque à la cohérence du système."

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